Sénégal-Ziguinchor: Les étudiants de Boutoupa-Camaracounda marchent pour réclamer l’électricité, l’eau, le retour de la paix en Casamance…

 

Autour du thème, «Comment maintenir les enfants en zone de conflit à l’école ?», les étudiants de la Commune de Boutoupa-Camaracounda ont organisé des journées culturelles les 30 et 31 décembre 2016, la quatrième édition du genre. Ils ont marché avec les populations pour réclamer l’électricité, l’eau, le retour de la paix en Casamance.

Sur deux kilomètres, les étudiants de la Commune de Boutoupa-Camaracounda (Ziguinchor) ont marché, en compagnie des populations, pour réclamer l’électricité, l’eau, le retour de la Paix en Casamance. C’est à l’occasion des journées culturelles qu’ils ont organisées les 30 et 31 décembre 2016. Cette année, les débats ont porté sur le thème : «Comment maintenir les enfants en zone de conflit à l’école ?». Cette structure estudiantine dénommée Cercle des élèves et étudiants de la Commune de Boutoupa-Camaracounda (Creeb/Ucad) a dénoncé le retard accusé par cette localité par la faute des autorités étatiques. «Nous vivons encore l’époque antique à Boutoupa-Camaracounda. Sans électricité, on paie pour charger un téléphone portable, on boit encore l’eau du puits…Imaginez, en ce 21e siècle, une localité sans électricité ni eau potable. C’est incroyable, et pourtant c’est le quotidien des populations de Boutoupa-Camaracounda. C’est pourquoi nous lançons un appel à l’Etat du Sénégal pour nous faire bénéficier cette faveur comme le reste du Pays», a lancé Hyacinthe Chimère LOPY, président du Creeb/Ucad).

Dans les débats en rapport avec le thème général de cette 4e édition, plusieurs facteurs concourant à l’abandon de l’école par des enfants de cette zone frappée de plein fouet par le conflit casamançais ont été relevés. L’insécurité, la pauvreté, les grossesses précoces, notamment. Mais les étudiants et les parents déplorent le fait que les «mauvais extraits de naissance hypothèquent l’avenir des jeunes» de la commune de Boutoupa-Camaracounda. «On doit revoir l’état civil dans la commune de Boutoupa-Camaracounda. En effet, quasiment tous les extraits produits dans la municipalité sont mauvais. Et cela ne date pas d’aujourd’hui. Des jeunes ont arrêté les études en classe de terminale à cause de cette faille aux conséquences désastreuses», a dénoncé Hyacinthe Chimère LOPY. Un constat que le maire, Malang Gassama n’a pu nier. «Les mauvais extraits de naissance constituent un véritable problème. Mais la municipalité mettra tout en œuvre pour y remédier», a-t-il indiqué. Les étudiants comptent, sur cette question, saisir le ministère de l’intérieur pour apporter une solution afin de stopper cette hémorragie.

Les étudiants exposent leurs «souffrances» au maire

C’est la 4e édition des journées culturelles du Creeb, et pour la 4e fois, les étudiants ont (re)posé leurs «souffrances» au maire Malang Gassama. «Depuis notre première édition, ce sont les mêmes doléances que nous posons à l’équipe municipale. Nous sommes confrontés aux problèmes de logement, transport, restauration et documentation», a lancé, lassé, le président du Creeb/Ucad. Mêmes doléances, mêmes réponses du maire, Malang Gassama. «L’équipe municipale s’attèlera à satisfaire les doléances des étudiants parce qu’ils sont l’avenir de la Commune. C’est notre priorité», a différé Malaang Gassama. Les étudiants se fixent l’objectif de loger les camarades qui ne sont pas dans les conditions d’études cette année. «Notre objectif, c’est de faire en sorte que toute personne qui entre à l’Université puisse en sortir, au moins, avec une Licence3. Et cela passe par les conditions optimales d’études», a déclaré le président des étudiants. Les amicales de Niaguis et Adéance qui partagent le même arrondissement que Boutoupa-Camaracounda ont envoyé des délégations.  

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