Sénégal-Maïmouna Kane Touré: Première femme ministre, l’histoire retiendra

 

Elle n’arpente plus les allées du pouvoir et ni les prétoires mais elle a droit de cité dans les institutions du Sénégal pour  l’avoir été  parmi l’un des premières femmes à  les incarner. Elle, c’est Maïmouna Kane Touré.  

La native de Dakar (née le 13 mars 1937 à Dakar) est avant tout un juriste de formation. Ancien auditeur à la Cour suprême, ancien substitut du procureur de Dakar et conseiller à la Cour d’Appel de Dakar,  Maïmouna Kane a pris rendez-vous avec l’histoire en 1978. Dix huit ans après l’accession à la souverainement, le Sénégal inauguré l’ère des femmes ministres. Elle accéda au rang de ministre dans le gouvernement socialiste d’Abdou Diouf, en même temps qu’une autre pionnière en l’occurrence Caroline Faye Diop.  Secrétaire d’État auprès du Premier ministre chargée de la Condition féminine, elle migre vers  la Promotion humaine qui deviendra plus tard le ministère de la femme. 

Cette promotion n’est en réalité que l’aboutissement des luttes que la ministre Maïmouna Kane a menée au sein de l’association des femmes juristes (Ajs) et son engagement pour l’amélioration du  sort de la femme, de son statut juridique et la lutte contre es inégalités. «En prononçant le discours solennel de rentrée des Cours et Tribunaux, j’avais axé mon discours sur les droits de femmes. J’avais attiré l’attention du Président Senghor sur les inégalités, les injustices et les violations des droits des femmes. 

Dans son discours, il avait dit qu’il allait rétablir les femmes dans leurs droits», confiait-il dans une interview paru dans la presse en 2015. Reconduite comme ministre du Développement social dans le Gouvernement Niasse formé en 1983, elle n’a pas marqué de déposer son empreinte. Et entre autres  actes laissés à la postérité figurent la loi sur les congés de maternité, l’accès aux fonctions militarisées ou encore à la diplomatie. Après son départ du gouvernement, Maïmouna Kane Touré a effectué le retour en zone pour se charger tour à tour du  poste de secrétaire général de la Cour Suprême, ensuite de présidente de section au niveau du Conseil d’Etat où elle a pris sa retraite. 

A 80 ans, quasi révolus, Mme Touré s épouse de l’économiste Mamoudou Touré, ministre des Finances de mai 1983 à avril 1988, s’est ouverte une fenêtre dans le sport. Après la disparition de Serigne Lamine Diop, c’est en effet elle qui perpétue actuellement le leg de la Fondation Abdou Diouf «Sport Vertu» dont elle est la présidente. Sans compter son investissement qu’elle continue de mener dans diverses actions citoyennes.

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