Sénégal-Casamane-Quand les massifs forestiers fondent comme du beurre au soleil séné-gambien

Par Diariétou Sagna (actu24 SEDHIOU) Les reliques de forêts du sud du Sénégal se dégradent de plus en plus. Les feux de brousse et le trafic de bois intensifient cette dégradation aux conséquences néfastes pour les écosystèmes. Les mesures prises tardent encore à faire leurs effets à cause de la multiplicité des complicités.

 

L’inventaire des massifs sylvicoles donne douze forêts classées dont neuf dans le seul département  de Sédhiou et cinq domaines communautaires. Dans le département de Bignona, aux abords de la frontière avec la Gambie, les ressources forestières étaient estimées à 40.000hectares. Pourtant la gestion de ces richesses naturelles pose énormément de difficultés.

« Nos massifs forestiers sont agressées en raison de l’avancée du front agricole au nord, du trafic de bois qui était intense les années passées et des feux de brousse » affirme le colonel Moussa Dramé. Au nord de la région de Sédhiou en fait, s’observe une expansion de domaines agricoles avec l’installation progressive de populations venues du centre du pays. Certains parleraient même de nouvelle extension du bassin arachidier. A cela s’ajoute dans le Balatacounda et dans le Boudjé l’essor de plantations d’anacardiers prenant même la place de la culture arachidière. Les feux de brousse constituent également un autre danger pour le couvert végétal. « Ces feux sont soient accidentels ou intentionnels mais quoiqu’il en soit, ils sont récurrents et causent des dégâts énormes » souligne le lieutenant Antoine Thiaw du service des eaux, forêts et conservation des sols.

Pourtant le plus grand péril qui menace de disparition les domaines sylvicoles est le trafic de bois. « A la frontière avec la Gambie, ce trafic bénéficie de complicités locales. Mais il ne faut pas oublier celui qui se déroule avec la Guinée-Bissau notamment dans la forêt de Bafata» précise le colonel Dramé. « Ainsi, nos forêts sont passées de 40.000 à 30.000ha et la Gambie exporte du bois pour 140.000 milliards chaque année. Elle est le deuxième client de l’Inde après le Nigéria. Ce bois provient de forêts » s’insurge l’écologiste Ali El Aidar. L’implication de certains natifs des villages frontaliers complique l’action des forces de sécurité. « Il y a une complicité de certains agents de l’Etat » affirme Mamina Camara, le président du conseil départemental de Bignona. Aussi, le trafic intérieur n’est point à négliger avec de petites unités qui facilement peuvent passer inaperçues.  « Pour gagner cette bataille, il faut passer pourquoi pas par la création de comités de volontaires de l’environnement qui fonctionneraient comme des agents de la sécurité de proximité » nous lance Lamine Fadéra membre d’une O.N.G impliquée dans la multiplication et la vulgarisation de semences de qualité.

Cette mesure si elle est prise viendrait peut-être s’ajouter à celles déjà annoncées par le Président de la République. A savoir la synergie d’actions de toutes les forces de sécurité et de défense plus l’accroissement des moyens matériels et humains. En attendant cela, le voyage des billes continues de plus belle vers la Gambie.

                                                                                                         

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