Procès des présumés terroristes: "Je suis bel et bien un djihadiste, mais...", déclare Imam Ndao

L’interrogatoire de Imam Ndao s’est déroulé, hier, avec la visualisation de vidéos dont certaines montraient des images horribles de personnes civiles sauvagement tuées. Il s’agit de documents trouvés dans l’ordinateur de l’Imam kaolackois. Ce dernier dit les avoir gardés parce qu’il s’intéresse simplement à l’évolution de Daech, mais qu’il n’adhère pas à sa cause. Selon Imam Ndao, le djihad peut se faire chez soi. 
  
Les images étaient horribles, difficiles à supporter pour les âmes sensibles. Pour sa comparution devant la Chambre criminelle, le juge Samba Kane avait ordonné la projection d’une vidéo qui a duré 40 mn. Cela commence d’abord par des versets coraniques et quelques minutes après, apparaît une grande mosquée. Des personnes apparaissent qui s’expriment en langue arabe et vêtues de treillis militaires, brandissant des Kalachnikovs. A côté, un drapeau noir sur lequel il y a des écrits en arabe de couleur noire sur fond blanc. Soudain, c’est l’horreur : des tirs avec les kalachnikovs fusent de partout. A chaque fois, les combattants criaient «Alakhou Akbar». Il y a eu ensuite des bombardements. Des cadavres de civils jonchaient le sol. L’image montre ensuite des personnes civiles ligotées dans le dos qui sont exécutées, criblées de balles après qu’on leur a mis une cagoule sur la tête. Des soldats capturés et conduits en file indienne dans un terrain vague, les mains ligotées par derrière, les combattants récitent quelques versets du Coran avant de les tuer tous par balles, un par un. Pendant ce temps, un autre combattant filmait la scène. Certaines âmes sensibles qui n’ont pas pu soutenir l’image ont été obligées de sortir de la salle. 
  
Imam Ndao explique la présence des vidéos sur son ordinateur 
Après la visualisation, Me El Hadji Malick Basse demande à faire des observations. Ils n’ont pas compris la langue dans laquelle la vidéo a été traduite, fait-il remarquer au président. Ils ne savent pas non plus si les chants qu’ils entendaient étaient des chants de guerre ou d’amour. Loin d’en finir, il dira que si la Chambre voulait en faire un élément de contradiction, ils souhaiteraient la traduction des paroles. Le juge lui précise qu’il ne s’agit pas d’un élément de l’accusation. Le magistrat demande alors à imam Ndao s’il reconnait que la vidéo se trouve dans son ordinateur. Ce dernier de répondre par l’affirmative. «A quelle fin les avez-vous téléchargées ?» lui demande le juge. «C’est une obligation pour tout musulman de faire des études sur cela. C’est l’islam et ses fils qui sont concernés. C’est à dire la ‘’Daawlatou islamia’’», répond-il. 
  
Imam Ndao accuse les Américains, mais se démarque de Daesh 
Il explique que les vidéos sont en deux parties : la première partie comporte des massacres des sunnites et la seconde montre la riposte de ces derniers. Il explique que si on suit le processus, on verra que l’Etat islamique n’est pas né un beau jour, mais c’est la suite de Daesh. Ce sont les Américains qui ont attaqué les musulmans et emprisonnés des éléments d’Al-Qaida. Ces conflits ont engendré Daawlatou Islamia et Daesh. Tout cela, il l’a téléchargé sur Google, mais, il ne les avait pas diffusées en public. C’était juste pour ses connaissances personnelles, car il faut apprendre l’islam et le retenir. Pour lui, c’est bien de regarder et de faire une introspection afin de trouver des solutions sur ces faits. Tout de même, il soutient qu’il n’adhère pas à cette cause défendue par ces islamistes. A l’en croire, ceux qui font ces massacres ne sont pas des musulmans. 
  
«Je suis un djihadiste pur, mais…» 
  Pourtant, à la gendarmerie, Matar Diokhané avait déclaré qu’imam Ndao avait une démarche qui est proche de celle d’Al-Qaïda. Sur cela, l’imam de Kaolack dira que non et que Matar Diokhané n’a pas dit cela à la barre. Par rapport au djihad, il reconnait qu’il est «un djihadiste pur», c’est-à-dire celui qui n’est mêlé à autre chose, sinon l’islam. C’est le fait, pour lui, d’apprendre la connaissance et de la transmettre, tout en aidant son prochain financièrement. 
  
La vérité sur son «arme» et ses seringues 
Toujours dans ses explications, il soutient qu’il a refusé à maintes reprises de faire des conférences sur la «Sunna» et la «Schia» lorsqu’il a été sollicité. Le juge lui rappelle qu’une vidéo qui fait l’éloge d’Oussama Ben Laden a été retrouvée lors de la perquisition chez lui, ainsi que des munitions. Imam Ndao rétorque qu’il détient une arme de type artisanal qui est défectueuse et qu’il a gardée. Il la détient parce qu’il est cultivateur et éleveur. Il précise qu’il avait déposé un permis d’autorisation de port d’arme qu’il n’a pas pu obtenir, malgré ses nombreuses réclamations. Le jour où les gendarmes l’ont pris, il avait réagi en disant : «c’est mon Etat qui m’a sacrifié». Par rapport aux seringues trouvées dans sa chambre, Imam Ndao affirme qu’il s’active dans l’élevage des poules et qu’il procède à leur vaccination. 
Le procureur a fait également projeter des vidéos sur lesquelles on voyait des combattants à l’entrainement, des enfants à qui on apprenait le Coran, des combattants qui tiraient à la kalachnikov et à l’arme lourde etc. Il lui demande alors pourquoi ces documents. Pour Imam Ndao, c’est simplement qu’il s’intéresse à l’évolution de Daech et de tout ce qui tourne autour. 

Jotaay.net

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