"Après l’attaque de la mosquée d’Abdou Karim Ndour, à Diourbel, avec Moussa Mbaye et d’autres sunnites, nous avons tenu des rencontres à Mbao, dans mon daara à Gadaye, pour une riposte", explique Matar Diokhané

Avec Imam Ndao, Matar Diokhané fait partie des accusés les plus attendus dans cette histoire de présumés djihadistes. Si pour ces derniers jours, il n’y a pas eu une grande affluence, cela n’a pas été le cas lundi dernier. Le palais de justice, précisément la salle 4 où se tenait l’audience, était bondée de monde.

C’est à 9h39m que «le cerveau» de cette présumée bande de djihadistes, Matar Diokhané alias Abou Anwar, a été appelé à la barre. Il serait passé inaperçu, vu sa petite corpulence. Tout de blanc vêtu, petit de taille, teint noir foncé, le barbu, face au tribunal, a commencé à se soumettre aux questions du président. Il est âgé de 32 ans, il est né à Médina Gounass, marié à 3 épouses et père d’une fille. Matar Diokhané est maître coranique. Il déclare que sa fille, Fatima, est née alors qu’il était en prison. Il l’a eue avec sa 3e épouse Maimouna Ly et elle doit être probablement avec celle-ci, au Nigeria. 
 Sur son cursus scolaire, il déclare avoir abandonné les études en cycle secondaire pour poursuivre les études coraniques. Il a ensuite continué le cycle secondaire à Kaolack jusqu’en 1e S. Par la suite, il a enseigné à Dakar  (Bambilor en 2007 comme maître coranique). Il quitte le Sénégal pour aller en Mauritanie, où il a étudié et donné des cours de Coran avant de revenir au bercail pour ouvrir une école coranique. 
Sur interpellation du juge, il a réfuté les faits. Poursuivant son histoire, il dira avoir été membre, à une période, de l’association des musulmans de Dakar et de celle des musulmans du Sénégal. Il revient sur l’évènement de Diourbel qui a suscité beaucoup de tollé. Sur le récit des évènements, il explique que c’était un jour, à la mosquée de Diourbel, l’imam Abdou Karim Ndour, d’après ce qu’on lui a rapporté, avait dit dans un de ses prêches que le fait qu’une personne se prosterne devant un autre n’est pas acceptable en Islam. Conséquence : des membres de la communauté mouride avaient sommé l’imam de quitter Diourbel, en lui donnant un ultimatum. C’est ainsi, dit-il, que le Sunnite Ibrahima Dieng, qui se trouvait dans son daara, était parti pour le soutenir. Quant à lui, avec d’autres Sunnites, dont Moussa Mbaye, ils avaient tenu des rencontres à Mbao, dans son daara à Gadaye, à Guédiawaye  pour se préparer à une éventuelle riposte. Il ajoute qu’il y avait d’autres personnes comme Mbagnick du mouvement Al Falah et Ahmad, le garde rapproché du docteur Ahmad Lo. Au début, il y avait 250 personnes à ces rencontres, c’est par la suite que le nombre a diminué. 
Cependant, à l’enquête, il disait qu’il était le coordonnateur et qu’il était obligé de fermer son daara pour aller se procurer des armes. Mais, il l’a contesté, lundi dernier. A l’en croire, il a fermé son daara du fait du nombre de cas sociaux qu’il accueillait, mais également du fait des problèmes financiers auxquels  il était confronté. 

Jotaay.net

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