Tambacounda-Journées régionales de la santé: La promotion de la santé maternelle et la protection des groupes vulnérables au cœur des débats

 

Par Abdou DIEYE (Actu24, TAMBA)

La région médicale de Tambacounda vient de tenir ses journées régionales de la santé. Présidées par le ministre de la justice qui a remplacé son collègue de la santé à la cérémonie d’ouverture, l’objectif visé à travers ces rencontres, explique le médecin chef de la région médicale, est de faire la promotion de la santé de la mère mais aussi la protection des groupes vulnérables. Quatre importantes communications ont été faites durant ces journées.

La première a mis le focus sur les déterminants des décès maternels de 2010 à 2016. Dans cette communication, les principales causes des décès maternels ont été répertoriées par les professionnels de la santé qui les ont classées en trois catégories. D’après Abib Ndiaye, médecin-chef de la région, la première cause, reste liée aux hémorragies notées lors des accouchements. Ces dernières ont causé la mort à près de 1/3 des femmes qui donnaient naissance dans les structures sanitaires. Il y a ensuite  l’hypertension qui a aussi contribué à l’augmentation des décès de femmes surtout au niveau de l’hôpital régional et puis, arrivent  ensuite l’anémie et les infections. Et c’est pourquoi, explique le Dr Abib Ndiaye, des dispositifs ont été mis en place depuis l’année dernière, sous le leadership du gouverneur, des préfets et sous-préfets, chacun, selon le niveau où il se situe,  pour essayer de juguler le mal. Il s’agit de la constitution de comités de lutte contre les décès maternels et infantiles qui sont implantés à chaque niveau, de même que des comités de promotion du don de sang  pour mieux juguler  les hémorragies qui ont été répertoriées comme étant la première cause des décès maternels. Toutefois, poursuit le Dr Ndiaye, des efforts sont faits par l’hôpital dans sa capacité de stockage du sang et c’est pourquoi, il n’est plus normal qu’il soit noté une rupture au niveau de la banque. Le médecin-chef  informe, atterré,  que le tiers des femmes qui ont perdu la vie en la donnant l’ont été par manque de sang. C’est pourquoi, soutient-il résolu, il ne doit plus être noté une rupture du liquide vital dans la banque et, cela contribuerait grandement dans la lutte contre les décès maternels et infantiles. L’autre combat, explique le docteur reste le recensement des femmes enceintes par les comités de veille. Si, elles sont recensées et suivies très tôt, elles pourront être si besoin en serait, conduites dans les maisons d’accueil, pour un meilleur suivi de leur accouchement. En 2016, 117 cas de décès maternels ont été enregistrés. Seulement, la structure hospitalière a, à elle seule, capitalisé 70 cas. C’est pourquoi, le médecin-chef a exhorté à ce que des efforts soient davantage faits afin que le nombre de pertes soient sensiblement revu à la baisse. En ce 21éme siècle, l’on ne doit plus continuer d’enregistrer des cas de décès maternels avec un nombre aussi important, déplorent les populations.

Revenant sur la situation de la banque de sang, Dr Ndiaye qui a salué les efforts de l’hôpital régional dans le stockage, a fait savoir que la structure hospitalière s’est fixé un objectif de 4000 poches de sang ce qui pourra largement couvrir les besoins en sang. Avec le comité régional de promotion du don de sang, il est arrêté un objectif de 350 poches mensuelles.

Dr Abib Ndiaye a aussi plaidé à ce qu’il soit revu à la hausse, la subvention allouée aux structures, particulièrement l’hôpital régional qui est un hôpital sous-régional parce qu’accueillant beaucoup de patients des pays voisins. Dans le contexte actuel, déplore le médecin-chef, ce sont les populations qui supportent la presque totalité de la charge, d’où son appel lancé à Me Sidiki Kaba à être leur porte-parole auprés du ministre des finances pour que la subvention de l’hôpital soit revue à la hausse. Toutefois, Dr Abib Ndiaye n’a pas mis de gants pour dénoncer le manque de soutien des collectivités locales à l’hôpital régional. Aucune collectivité locale n’a versé un seul centime comme aide à l’hôpital régional, déplore le premier des médecins de la région qui dit en appeler à une réaction de ces dernières tout cela pour un meilleur suivi des populations. Dans les autres régions, les collectivités locales apportent leurs subventions aux hôpitaux, pourquoi pas à Tamba, se demande Dr Ndiaye. Cette situation fait que ce sont les populations à travers les tickets de consultations qu’elles payent, qui supportent la presque totalité des charges de fonctionnement de l’hôpital, explique le médecin.

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