Partenariat en santé: Les contraintes budgétaires mises à nu au Sénégal

 

Par Abdoulaye NDIAYE

Le premier colloque international sur le partenariat en santé a permis, samedi dernier, de revoir les «Contraintes budgétaires dans le secteur de la santé: Enjeux et perspectives du partenariat». Ainsi, le thème portait sur: «Partenariat et Objectifs de développement durable (Odd).»

Les professionnels de la santé (administrateurs hospitaliers, ingénieurs biomédicaux, cadres de santé, environnementalistes, etc.), les élus (maires, adjoints aux maires chargés de la Santé) ont échangé sur le développement du système de santé au bénéfice des populations. Ainsi, les «Contraintes budgétaires dans le secteur de la santé : Enjeux et perspectives du partenariat» ont permis à Youssouf Sagna, chef de la Planification de l’agence de la Couverture maladie universelle (Cmu), de mettre à nu les contraintes liées à la préparation du budget, à la mobilisation des ressources et à la reddition des comptes. 

Après fixations des priorités et indicateurs du secteur par le ministère de la Santé, celle-ci n’est pas informée des critères de répartition des enveloppes indicatives entre les ministères sectorielles. D’où une absence «d’échange entre le ministère de l’Economie, des finances et du plan et celui de la Santé sur les critères qui ont présidé à la répartition du budget de l’Etat et des enveloppes affectées», souligne Youssouf Sagna. Ce qui est un des maillons faibles pour le développement de partenariat public. Et malgré les réformes budgétaires, actuellement en cours, le budget n’est pas orienté en matière de gestion accès sur les résultats. «C’est juste les moyens qui sont affectés pour dérouler les activités et faire fonctionner les services. Et au moment de la répartition de ce budget, aucun critère n’est mis en branle ou appliqué de manière rigoureuse au ministère de la Santé pour la répartition interne du budget», explique Youssouf Sagna, par ailleurs, ancien chargé de la Programmation du suivi budgétaire pendant six (6) ans au ministère de la Santé.

«Les seuils, en matière de passation des marchés, semblent être faibles. Un budget qui doit être approuvé par le ministère de la Santé, a un seuil de cent (100) millions de FCfa», regrette Youssouf Sagna, chef de la Planification de l’agence de la Couverture maladie universelle (Cmu). Et permettre au ministère de la Santé d’acquérir de gros investissements, relever le seuil devient plus que jamais nécessaire. Pour lui, «il suffit juste de les catégoriser pour savoir si ce sont des équipements lourds. Le ministère pourrait approuver le budget jusqu’à une hauteur conséquente par rapport à l’enveloppe actuellement en cours.

Pour que la santé puisse bénéficier de ressources additionnelles, les députés de la commission Santé sont interpellés au premier rang, afin que le ministère de la Santé puisse bien dérouler son programme sanitaire annuel. «Il serait bon que la commission Santé rencontre régulièrement les autorités en charge de la préparation du budget au ministère de la Santé pour leur demander leurs avis et leurs orientations en termes de besoin en matière de financement de la Santé et que ça leur permettra de trouver des arguments opposés au ministère de l’Economie et des finances, à la limite même le Premier ministre, à l’arbitrage qu’il doit faire», poursuit M. Sagna.

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