Moussa Sy, maire des parcelles assainies et président de l’ANC: «Je ne serai jamais un transhumant»

 

Ceux qui pensaient que le président du mouvement Appel national pour la citoyenneté (ANC)/«Woote deug» est dans les dispositions pour rallier le camp de Macky Sall peuvent déchanter. Dans un entretien qu’il nous a accordé, Moussa Sy, maire des Parcelles Assainies, a clairement déclaré qu’il ne sera «jamais un transhumant». 

Il paraît que vous êtes dans de bonnes dispositions pour rejoindre le pôle présidentiel. Qu’en est-il exactement ? Vous savez, ce que je peux vous dire, c’est que je ne serai jamais un transhumant, jamais. Je dis que je ne serai jamais un transhumant. C’est à vous de voir ce que sait un transhumant.  

La transhumance politique, c’est le fait de quitter un parti pour un autre…
(Il coupe). Moi, je viens de créer un nouveau cadre. Depuis 4 ans, je n’étais dans aucun cadre. Je viens de créer un cadre qui s’appelle ANC qui a les mêmes objectifs que l’APR, le PS, toutes les autres formations politiques de ce pays-là. Je suis avec des Sénégalais. Ensemble, nous avons créé quelque chose de nouveau et nous prenons le temps de le voir grandir, se développer et répondre aux aspirations des Sénégalais. Aujourd’hui, je suis dans «Taxawu Dakar» et on travaille pour Dakar. Pour les événements à venir, ne vous pressez pas. Bientôt, l’ANC se déterminera pour les Législatives. Quand la présidentielle viendra, on se déterminera. Mais, je ne suis d’aucun bord politique en dehors de l’ANC, et je ne serai jamais - et je pèse bien le mot - un transhumant. On est en train de mettre en place les différents organes. Donc, nous avons fini l’Assemblée générale, nous avons adopté les textes, les statuts et le règlement intérieur. 

Pour devenir un parti politique ?
Oui absolument. Vous avez vu les indépendants ? Depuis le vote de la nouvelle Constitution, il n’y a aucune avancée. On va  les surprendre, on va les éliminer, on va les mettre de côté. On va les écarter aux élections locales, aux élections législatives, et à la Présidentielles. On va leur  poser des conditions qu’ils ne pourront pas remplir. Maintenant, ce qui est plus facile au Sénégal, c’est de créer un parti politique. Le plus difficile, c’est de participer aux élections. Nous, ce que nous voulons, c’est quand nous aurons notre récépissé, participer aux élections  de manière effective et de manière déterminée.

Quelle lecture faites-vous de l’état de la démocratie au Sénégal sous  Macky Sall ?
C’est un recul qu’il faut constater et il faut tirer des enseignements. Et si on ne fait pas attention, ça va continuer. Et c’est l’image du Sénégal qui va se détériorer. Quand on nous parle de PSE, quand on nous parle de Sénégal horizon 2035, tout devait être rose, aujourd’hui, dans ce pays. Tout le monde devait être enthousiaste. Les gens devaient travailler, débattre démocratiquement. Et qu’au sortir des débats, l’on se tape les mains. C’est ça la démocratie. Mais, chercher, coûte que coûte, à faire marquer le pas à tout le monde, à anéantir tout le monde, à humilier tout le monde, ça ne se passera pas, parce que Dieu ne l’acceptera pas. Notre démocratie doit être vivante. Nous devons, chaque jour que Dieu fait, travailler à ce que la démocratie au Sénégal s’accentue, se consolide. C’est ça qui est important. C’est ça le rôle du premier magistrat de ce pays, le Président Macky Sall. On ne doit pas reculer, aujourd’hui. On ne doit pas faire moins que la Gambie avec l’avènement d’Adama Barrow. On ne doit pas faire cela. On ne peut pas aller, aujourd’hui, en Gambie, faire des leçons, rétablir l’ordre constitutionnel, et ensuite, le verdict des  urnes, et au même moment qu’au Sénégal, on nous dise qu’on ne veut plus voir d’opposants, qu’on n’accepte pas la contradiction. Pour un Président qui est né après les indépendances, bien élu, ça pose  problème. Moi, je pense qu’il faut que les choses reviennent à la normale, pour que le pays continue à rester un grand pays démocratique, un pays de référence.  

Comment analysez-vous la tournure judiciaire prise par l’affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar ?
Bon, ça c’est politique. Il y a des cadres politiques, chacun se déterminera. Khalifa Sall a un cadre politique, c’est le Parti socialiste. Dans le cadre de «Taxawu Dakar», nous tous, nous venons d’horizons divers. Moi, je suis membre d’un nouveau cadre qui s’appelle ANC. Mais, ce qui est important, c’est qu’il était dans une tournée politique. Donc, c’est clair et net qu’il était à l’intérieur du pays pour rencontrer les Sénégalais. Maintenant, lui, c’est un homme politique. Par rapport à la situation, il se déterminera, ses proches aussi prendront leurs responsabilités. Nous sommes solidaires, nous sommes des maires. Depuis 2009, nous sommes ensemble à Dakar, où il a pu instaurer une gestion inclusive et participative. Il a associé tout le monde. Même les gens de l’APR ont été associés.  
(VOX POP)

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