"Le M-23 n'est pas un contre-pouvoir"

Sept ans après son lancement, que reste-t-il de l'esprit du 23 juin 2011 ? Chargé de l'organisation et de la communication du M23, Ibrahima Diagne se veut rassurant : "Le M-23 n'est pas mort".

Composition hétéroclite
"D'aucuns se posent la question pour savoir si le 23-Juin existe toujours. Nous voulons préciser une chose. Les contextes diffèrent. Nous n'avons pas un pouvoir en face parce que le M23 n'est pas un contre-pouvoir. J'en veux pour preuve que sa composition hétéroclite et diverse. Il y a des partis de l'opposition qui sont membres du M23, il y a des membres de la Société civile. Il y a la ligue des consommateurs, Sos consommateurs. Il y a même des mouvements qui sont nés durant le M23, je pense au collectif des victimes. Cela s'est créé pendant les neuf mois de lutte. C'est divers. Ce n'est pas seulement la politique, la société civile.

Régression
"Mêmes des agriculteurs vont venir adhérer. Des personnalités indépendantes viennent ici et adhérent au mouvement. J'ai enregistré un président des éleveurs qui est dans le Ferlo qui est venu adhérer. Il est là, le mouvement, il n'est pas mort. Maintenant son action, c'est cela qu'il faut dire. C'est vrai que nous le reconnaissons que ça a diminué. Cela a régressé eu égard à beaucoup de conditions, beaucoup de situations. D'aucuns l'ont pensé et l'ont dit en 2013 que le mouvement n'a plus sa raison d'être non.

Avant et après Wade
"Il y a deux phénomènes : beaucoup d'organisations de la Société civile étaient dans l'action du mouvement pendant les neuf mois. Quand le pouvoir a changé de mains, ils se sont dit : ‘Nous, on a atteint notre objectif. Ce qu'on voulait, c'est que ce Wade-là ne passe pas avec son ticket'. Ces gens-là, ils sont partis. D'autres on dit : ‘Oui mais plus jamais cela. Parce que le pouvoir pourrait être tenté de faire la même chose, mais sous une autre forme'. Alors on dit, pour que cela ne se répète pas, il faut mettre des garde-fous, c'est cela le statut de veille et d'alerte.

Dissensions
"De 2013 à 2015, c'était difficile, il y a eu de la dissension avec le M23 patriotique, le Cos/M23, etc. Mais aujourd'hui, qu'en est-il ? Il n'y a que ce mouvement qui est là, qui a un siège, qui fonctionne, qui se réunit et qui produit au moins son point de vue (communiqués, réunions). On a organisé des panels sur la Cnri, le pétrole, l'acte 3 de la décentralisation, le patriotisme économique. On a soutenu Tigo, King Fahd, Necotrans, Lonase. C'était des moments très forts où les gens avaient fait du M23 un mur de lamentations."

Seneweb

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