Discours de Wagram: Hollande, pas encore candidat, en quête d’une stratégie

 

«La démocratie face au terrorisme»: c'est le thème du 3e grand discours de François Hollande dans l’optique d’une reconquête, ce jeudi 8 septembre salle Wagram, à Paris. Le 3e d'une longue série annoncée d'ici la fin de l'année. Mais cette fois, le président français ne restera pas dans l'explication et la pédagogie de ses réformes.

S'affirmer candidat, sans surtout le dire. Le mot ne sera d'ailleurs pas prononcé. C'est beaucoup trop tôt. «Pas question de donner le sentiment qu'on s'affole», résume l'un des « visiteurs du soir » du chef de l'Etat. Mais nombre de conseillers s'attendent, et ce serait une nouveauté, à un discours parfois personnel ; François Hollande parlerait de son exercice du pouvoir dans un pays secoué par le terrorisme. Manière de souligner en creux que ses rivaux à gauche n'ont pas cette expérience.

Résumé métaphorique d'un ami du président: «Semer plus de cailloux et surtout beaucoup plus gros.» Lâché, décrié par quatre de ses ex-ministres, et notamment Emmanuel Macron, pressé par ses amis de renverser la table, François Hollande doit rassurer les siens, paniqués par l’avalanche de critiques et de mauvais sondages. Leur donner aussi des arguments pour le défendre, délimiter surtout « son » terrain de campagne. Un conseiller explique : « On gagne quand on incarne quelque chose. Pas si on est simplement dans l'empêchement des autres. »

Le président le sait, la ficelle « votez pour moi, je suis le moins pire » ne fonctionnera pas. M. Hollande se veut maintenant garant de l’Etat de droit. Rassurant face à l'extrême droite et face à la droite, parfois tentée de remettre en cause la Constitution. Equilibre sur la laïcité, qui divise au sein même de son gouvernement. Celui qui se voulait en 2012 « président normal » pourrait bien se poser en 2017 en président raisonnable. « Face à la menace terroriste, c'est important, mais c'est probablement loin d'être suffisant », nuance cependant François Miquet-Marty, de l'institut Viavoice.

Gardien de l'Etat de droit, c'est important face aux dérives de réduction des libertés liée à la lutte contre les menaces terroristes, mais d'une certaine manière, on peut dire que c'est une version minimale, à la fois en termes de stratégie d'opinion et puis aussi en termes de stratégie politique pour François Hollande lui-même.

rfi.fr

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