Allemagne: Angela Merkel fait son mea culpa après un nouveau revers électoral

 

La CDU d'Angela Merkel a subi une nouvelle défaite aux élections régionales à Berlin. Ce lundi 19 septembre, la présidente du parti chrétien-démocrate a admis des erreurs, sans pour autant renier sa politique d'ouverture des frontières de l'an dernier. Une prise de position destinée à calmer ceux qui critiquent sa responsabilité dans les échecs électoraux de la CDU et la montée en puissance des populistes de droite.

Avec notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut

« Nous y arriverons ». La phrase quasi légendaire d’Angela Merkel, prononcée il y a un an lorsque l’Allemagne a ouvert ses frontières, va disparaitre du lexique merkélien. Ce lundi, la chancelière allemande a fait son autocritique. Sans revenir sur le bien-fondé de sa décision de l’été 2015, elle reconnait que la formule en a choqué certains et est devenue une phrase creuse.

Au lendemain d’une énième défaite de son parti hier à Berlin, la présidente de la CDU a pris « sa part de responsabilité ». « Si la CDU a perdu des voix, entre autres, parce que l’objectif, l’intérêt et le sens de notre politique de réfugiés n’ont pas été suffisamment expliqués… alors, je vais faire un effort, a-t-elle condédé. Si je pouvais, je remonterais le temps de plusieurs années en arrière afin de pouvoir, avec le gouvernement et d’autres décideurs, mieux nous préparer à la situation qui nous a pris de court à la fin de l'été 2015. »

La chancelière allemande estime qu’elle n’a pas suffisamment expliqué sa politique migratoire et que des erreurs ont été commises avant même l’arrivée massive de migrants l’an dernier. « Personne ne veut qu’une telle situation se reproduise, moi non plus », a-t-elle déclaré. Angela Merkel a aussi souligné les progrès accomplis, même s’ils restent incomplets, pour l’accueil des réfugiés et le recul sensible des nouveaux arrivants. « Cela ne convaincra pas ceux qui hurlent : Merkel doit dégager », reconnait l’intéressée. Mais elle veut rassurer et promet que l’Allemagne restera fidèle à elle-même.

Une autocritique qui peut laisser penser que même si Angela Merkel n’a pas répondu à une question directe sur son avenir, elle compte bien être candidate à sa propre succession.

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