«Le convoi de la mort»: Ce que Abrini a déclaré au juge

 

Si Mohamed Abrini n'était pas à Paris le soir du 13 novembre, il a activement participé aux préparatifs des attentats. Les jours avant les faits tragiques, entre le 10 et 12 novembre 2015, il a effectué plusieurs aller-retour entre Paris et Bruxelles, en compagnie des frères Abdeslam, pour réserver les planques qui allaient servir à ses comparses. Il faisait également partie du commando de l'aéroport de Zaventem le 22 mars, avec Najim Laachraoui et Ibrahim El Bakraoui.

La chaîne France Inter a pu consulter des extraits d'auditions de celui que l'on surnomme toujours "l'homme au chapeau" et qui avait finalement renoncé à faire exploser sa charge lors de l'attentat à Bruxelles-National. 

"Ils étaient calmes, tranquilles"
Au sujet des attaques du 13 novembre, il confirme qu'il faisait partie du dernier voyage vers Paris la veille. "C'est le convoi de la mort, c'est trois voitures qui se suivent", explique-t-il à la juge d'instruction le 1er juin 2016. A partir de Molenbeek, ils rejoignent, avec les frères Abdeslam, la planque à Charleroi, où les empreintes digitales de Bilal Hadfi et Abdelhamid Abaaoud seront découvertes plus tard.

"Tous les gars qui étaient dans l'appartement, dans le convoi c'étaient mes derniers potes (...) Dans ma tête je sais qu'ils vont aller vers la mort. (...) C'est comme si je les accompagne vers leurs derniers instants", raconte Mohamed Abrini, avant de mettre cap sur Bobigny, la planque des terroristes à Paris, avec d'autres membres du commando. "Ils étaient calmes, tranquilles. Ils préparaient à manger dans la cuisine, regardaient la télé. Je ne voyais pas de stress en eux", poursuit-il. Après avoir "embrassé une dernière fois" ses potes, il retourne à Bruxelles en taxi.

"Salah était pâle, fatigué"
Le lendemain des attentats de Paris le 13 novembre, Mohamed Abrini est l'homme le plus recherché d'Europa après Salah Abdeslam, toujours en fuite. Pour ne pas se faire pincer, l'homme qui a grandi à Molenbeek se déplace de planque en planque: à Schaerbeek, rue Henri Bergé (d'où partira le commando de Zaventem), à Forest (rue du Dries) ou encore à Jette, dans un appartement minuscule Avenue de l'Exposition. Dans l'une d'entre elles, il croise même Salah Abdeslam. "Il était pâle, fatigué (...). Il m'a dit que voilà c'était fait", se souvient-il.

Après cinq mois de cavale, Abrini est appréhendé le vendredi 8 avril square Albert à Anderlecht, soit plus de deux semaines après les attentats de Bruxelles.

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