Ibrahima Bachir Dramé expert et formateur des métiers du Pétrole et du Gaz: «Il faut s'atteler dès à présent à la formation et aux tracés économiques du Pétrole sénégalais»

 

Par Ibrahima DIA

Le débat sur la découverte de gisements de Pétrole au Sénégal continue à passionner les citoyens. A ce propos M. Ibrahima Bachir Dramé expert de cette question et formateur des métiers du Pétrole et Gaz a été l'invité de l’émission «wakhangté deug» de la radio Diaspora animé par notre confrère Moussa Sow Thiam. Il a explicité tous les contours relatifs à ce sujet et recommande aux décideurs de prendre des mesures qui permettront une utilisation rentable de cette richesse au profit des populations sénégalaises. Il croit que le Pétrole peut être une bénédiction pour les futures générations à condition qu'on s'y prépare.

«Il faut s'atteler dès à présent à la formation et aux tracés économiques du Pétrole sénégalais» a estimé l'expert Ibrahima Bachir Dramé sur les ondes de la Radio Diaspora. Devant nos confrères il s'est réjouit de la création d'un institut de Pétrole à Diamniado mais il estime qu'il faut décentraliser cette formation dans tout le pays, par exemple créer une école de formation des métiers de transport à Sédhiou, une autre à Oréfondé pour les pompistes ou les raffineries et émailler tout le pays de ces types d’école pour en faire profiter le maximum de jeunes. Il tire la sonnette d'alarme sur les nouveaux instituts qui proposent cette filière sans avoir les ressources humaines nécessaires pour dispenser une formation de qualité. Il demande à l'Etat d’être vigilants. Le Sénégal a les moyens d’être un hub de formation en Afrique de l'ouest car à part l'Algérie qui a une école de Pétrochimie et l'Afrique du Sud, les autres pays africains peuvent bel et bien envoyer leurs ressortissants se faire former ici.

Concernant les tracés économiques, il faut que le Sénégal choisit une option claire. Par exemple créer une véritable industrie pétrolière qui va transformer cette matière première sur place, choix rentable contrairement à l'autre qui consiste à exporter la quasi totalité de la production. 

Revenant sur la polémique, l'expert soutient que c'est une nébuleuse politico- judiciaire, tout le monde dit n'importe quoi, beaucoup de contrevérités ont été distillés ça et la, désormais on ne laissera personne dire des choses qu'il ne maîtrise pas. Pour M. Drame, dans le monde du pétrole il y a deux périodes: celle des majors juniors comme Timis qui prépare le terrain ensuite l'intervention des majors seniors qui interviennent avec des gros investissements comme Total. Il précise que cette entreprise n'appartient pas à l'Etat français mais qu'il y a des actionnaires comme le Quatar, le belge Ferrer et 6000 sénégalais, donc on lui fait un mauvais procès conclut-il.

L'expert a rappelé qu'au Sénégal on a commencé à chercher du pétrole par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) depuis 1917 avec de fortes soupçons et l'étape de 1952 a été déterminante, c'est pour cela que beaucoup de gens ont pris cette date comme le début des recherches. Concernant cette énergie, il est prouvé qu'elle est de classe mondiale et que tout le monde a l'opportunité de consulter les contrats sur le site de l'ITE.

A son avis, l'Etat doit prendre comme bréviaire ce que les anglais appellent le «contain local», c'est un accord de partenariat ou les pouvoirs publics imposent à l'entreprise qui doit investir dans cette énergie le nombre d'emplois à créer, les investissements sociaux à réaliser et tous les avantages que le peuple doit tirer de cette collaboration. 

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