Monsieur le président de la République : Souvenez vous de Ourossogui!

LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE 

Monsieur le Président, 

 Il y’a un an jour pour jour, vous effectuiez une tournée économique dans la zone du Fouta. A l’image de vos précédents déplacements à l’occasion du Conseil des ministres de Matam en 2013, de la tournée économique d’octobre 2014, où vous aviez été accueilli sous le chaud et ardent soleil du Fouta Toro, par une très forte mobilisation ; lors de votre tournée économique de mars 2017, comme à son habitude, le Fouta vous a déroulé le tapis rouge.  

Monsieur le Président,  

Vous seriez tenté de croire que ces dites mobilisations sont l’expression d’une population satisfaite de vos politiques publiques, mais en réalité il s’agit à travers ces chaleureux accueils, une expression de l’hospitalité foutankaise. 

Monsieur le Président,  

Croyez nous, si ces accueils étaient conditionnés à une quelconque satisfaction de la population du Fouta des politiques que mène votre gouvernement, nous sommes convaincus que vous ne verriez à l’occasion de vos visites l’ombre de la majorité de ceux et de celles qui vous accueillent. 

 

Monsieur le Président, SIFTOR Ourossogui (Souvenez vous de Ourossogui) 

 A l’heure actuelle où le Sénégal Emergent est entrain de se détacher de son état larvé pour prendre une forme certaine, sachez que les populations du Nord dont Ourossogui souffrent d’une douleur extrême. Au moment où on parle du capital humain du PSE et de la qualité du plateau technique de la santé sénégalaise, nous sombrons encore dans une pathologie chronique : des femmes continuent d’accoucher sur des charrettes, la mortalité infantile… 

Nos paysans ne cessent de vous alerter sur  leurs conditions de travail et de leurs maigres récoltes et productions minces. Mais il y’a toujours à chacune de leur sortie des contres propos des services ministériels de l’agriculture qui balaient leurs alertes et qui manipulent l’opinion en argumentant que l’agriculture se porte à merveille.  

Monsieur, il est temps que les considérations de ces pauvres paysans soient prises en compte. 

Au moment où le Sénégal Emergent est partout brandi, nos jeunes continuent d’immigrer et de pratiquer l’exode rural.  

Monsieur, notre jeunesse ne travaille pas et ne bénéficie aucunement de financements, contrairement aux jeunes d’ailleurs. L’autonomisation des femmes n’est que pure fiction chez nous.  

Monsieur le Président, 

La route du diéri (RN2) que votre gouvernement est entrain de réhabilitée est certes à saluer mais nous n’avons guère compris la tardive prise de décision de cette réhabilitation ; en plus celle-ci avance très lentement.  

Monsieur le Président, on se pose la question si Ourossogui fait parti de vos priorités ? En tout cas à la lumière des très faibles projets dans notre localité, comparé à ce qui se réalise dans les communes environnantes de la région de Matam, nous sommes tentés de répondre par la négative. 

Monsieur le Président, 

Le 08 mars 2017, quand vous faisiez l’étape d’Ourossogui de votre tournée, vous avez été ébahi, oui vous avez été ébahi. 

A Ourossogui le 08 mars 2017 à 19 Heures, vous avez constaté de vous-même une marrée humaine de jeunes et de femmes qui manifestaient leurs désagréments face à l’indifférence et à la négligence de votre part dont la capitale économique du Fouta fait l’objet.   

Monsieur le Président, vous aviez eu l’amabilité et l’humilité de vous arrêter et de vous entretenir avec la foule, et d’un doigt pointé à l’oreille, vous disiez que vous nous aviez compris. Mais malheureusement nous constatons que non.  

Monsieur le Président,  

Le lendemain à l’occasion de la cérémonie officielle tenue au stade municipal d’Ourossogui, à l’entrée de votre cortège, le malheureux mécontentement à votre égard, s’est manifesté par des jets de pierres.  

Dans votre discours prononcé dans ce dit stade le 9 mars 2017, nous avions perçu que vous aviez saisi le message des jeunes et des femmes d’Ourossogui, quand vous disiez en termes simples et limpides « Mes chers jeunes de Ourossogui, je vous ai entendu ». 

Dans votre discours, vous aviez rappelé encore vos  promesses de 2012 relatives aux modernisations de l’aérodrome, du stade municipal et du garage régional d’Ourossogui, vous nous avez promis encore un appui de l’Etat pour qu’Ourossogui sorte de la lancinante question et problématique de l’eau… 

Malheureusement, un an après ce discours hautement politicien, rien. 

Pire nous constatons le transfert de l’espace numérique ouvert dont la construction est arrêtée il y’a plusieurs mois, dans une autre localité.  

Monsieur le Président, 

Les échéances  référendaires et législatives passées, votre coalition a remporté les élections dans notre localité. Même quand après des magouilles de responsables du département de Matam, un fils de Ourossogui n’a pas été réinvesti dans les listes de candidature de la treizième législature alors qu’il a fait un mandat parlementaire honorable (législature passée),  ni un autre investi, notre localité vous a permis de gagner haut la main les législatives. 

Ourossogui vous a tout donné.  

Et vous qu’avez-vous apporté à Ourossogui? 

Monsieur le Président,  

Vos promesses de 2012 sont rangées dans les oubliettes, nos doléances de 2013 rappelées en octobre 2014 et en mars 2017 n’ont point reçu satisfaction. 

L’élection présidentielle de 2019 se pointe à l’horizon.  

Il est temps que nos souffrances soient soulagées sinon nous n’hésiterons pas un seul instant à inscrire notre force à vous faire perdre à Ourossogui. 

Il est en temps de changer la donne. 

Macky SALL 

PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE  

DU SENEGAL 

 

Mouvement Macky Siftor Ourossogui, 

Mamadou Tapa Sy

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