Sénégal-condamné à 2 mois de sursis: Le policier corrompu échappe à la radiation

 

Le policier Assane Diallo, filmé en train de se faire corrompre, a échappé à la radiation. Hier, il a été condamné à deux mois assortis du sursis pour corruption passive. Le tribunal des flagrants délits de Dakar a aussi condamné sa coprévenue Sokhna Bousso Gaye à un mois assorti du sursis. Les deux devront payer une amende de 150 000 FCFA. L’ingénieure en génie civile a été reconnue coupable de corruption active. Toutefois, elle a été relaxée du délit de diffusion de données à caractère personnel. En service à la compagnie circulation du Commissariat central de Dakar, Assane Diallo a été mis aux arrêts de rigueur pendant 15 jours, puis placé sous mandat de dépôt, le jeudi dernier.

 

Il a été arrêté suite à la diffusion sur la toile, le 25 juillet 2016, d’une vidéo le montrant en train de se faire corrompre par des occupantes d’un véhicule. Il les avait interpellées, parce que la conductrice téléphonait au volant. A la place des 6 000 F de contravention, le policier avait reçu, après un long marchandage, la somme de 3 000 F et avait mâché la contravention. Lors de son procès, il a regretté son acte et soutenu que c’étaient les femmes qui lui avaient proposé l’argent. Sokhna Bousso avait soutenu le contraire et avait nié avoir posté la vidéo prise par sa collègue. Ses dénégations n’avaient pas convaincu le représentant du parquet qui l’avait bien sermonnée.

Le parquet avait été outré par le fait que la vidéo fût publiée dans l’unique dessein de nuire au policier et non de dénoncer la corruption. Pour la répression, il avait requis 1 an dont 4 mois ferme contre l’agent de la circulation et la jeune ingénieure. Ce qui exposait Assane Diallo à une radiation. Mais le tribunal n’a pas suivi le parquet. Me Aboubacry Barro se réjouit de cette décision qu’il trouve ‘’satisfaisante’’. Car elle permet au policier de recouvrer la liberté et de sauver sa carrière.

RAMATOULAYE DRAME, EPOUSE DU POLICIER ASSANE DIALLO

‘’C’est un accident de travail’’

‘’Je rends grâce à Dieu. Je n’avais pas cru à cette histoire. Mon mari n’est ni un trafiquant de drogue ni un usager. Je considère ce qui lui est arrivé comme un accident de travail. Je n’osais même plus ouvrir la porte de ma maison. Pendant une dizaine de jours, ce sont ses collègues qui nous apportaient à manger. J’étais obligée de m’enfermer pendant des jours, car je faisais l’objet de quolibets de la part de mes voisins. Mais cela me laisse indifférente.

Je priais pour que mon mari s’en sorte, car il s’est toujours bien occupé de sa famille et même des voisins. Pourtant des voisins nous ont réveillés plus d’une fois pour solliciter son intervention, suite à l’arrestation de leurs enfants pour défaut d’identité ou pour des affaires de drogue. Lorsqu’il voulait partir, je lui demandais de ne pas y aller, mais il me dissuadait en me disant qu’il ne pouvait pas laisser ses voisins dans le pétrin. Même mes enfants ne veulent plus aller suivre les cours d’arabe, à cause des moqueries de leurs camarades, mais j’essaie de leur expliquer que leur papa n’est pas un délinquant. Autant ces filles ont terni l’image de mon époux, autant la leur sera ternie.’’

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