Sédhiou-Goudomp risque de paralysie du système éducatif: Un enseignant battu par des militaires

 

Par Diariétou SAGNA (Actu24, Sédhiou)

Il n’oubliera pas de sitôt cette journée du deux avril 2017. Pour avoir porté la main sur son épouse, Youssouph Sadio a eu droit à une visite musclée des militaires, des militaires installés dans son lieu de service.

Le village de Mangacounda situé dans le département de Goudomp a vu se dérouler un spectacle hors du commun: Youssouph Sadio, un jeune instituteur natif de Diattacounda a eu une altercation avec sa conjointe. Les raisons sont encore très peu connues. L’incident a dégénéré et Youssouph a porté la main sur cette épouse.

Chose bizarre, des militaires installés dans ce village de Mangacounda sont venus le cueillir à son école. Youssouph n’accepte pas et demande à être convoqué dans les règles de l’art. La deuxième visite est simplement une mission de correction. Le Sieur a été battu à coups  de cross et de bâton et même traîné sur une longue distance. Ce qui entraîne des blessures à la tête et à la main. 

«Nous désapprouvons le fait que ce collègue ait porté la main sur son épouse. Mais ces militaires n’ont pas pour rôle de rendre la justice et de cette manière encore» s’indigne Pape Badji. Et le secrétaire régional du SAEMS d’affirmer qu’il faut que cela cesse et une bonne fois pour toutes. Les syndicats d’enseignants, tous confondus se sont saisis du dossier et un plan d’actions a été élaboré. Le jeudi 04/05/2017, une cessation des enseignements-apprentissages est prévue à partir de neuf heures et le lendemain une grève totale est attendue.

Une marche doit être faite par les enseignants de Goudomp ce vendredi. «Ce plan inclue aussi la saisine de nos supérieurs hiérarchiques» complète ce secrétaire général. Les agressions sur des enseignants sont devenues monnaie courante dans la région. Cet incident pose encore une fois les rapports entre les agents de l’Etat de différents secteurs.

Quelques fois se développent une méfiance et  une animosité qui ne disent  pas leur nom. Sur place, la hiérarchie militaire tente de limiter les dégâts en rassurant que les fautifs sont sanctionnés déjà. Rien n’y fait les  mange-craie» maintiennent leurs position et comptent déposer une plainte.

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