Message du 4 Avril 2018: Six ans de discours, de promesses et d'attentes déçues

Ce mardi, à 20 heures, le chef de l'État prononcera le tout dernier discours de veille de 4-avril de son premier mandat. Il y a six années, jour pour jour, alors qu'il venait fraîchement d'accéder à la magistrature suprême, il avait utilisé cette tribune pour s'adresser, pour la première fois, à la nation. Alors, sans doute porté par l'euphorie qui accompagnait les premiers jours de la seconde alternance, le chef de l'État avait annoncé des mesures fortes et égrené un chapelet de promesses. Aujourd'hui, à onze mois de la fin de son mandat, qu'en est-il de ces promesses ?

Justice, reddition des comptes
"À tous ceux qui assument une part de responsabilité dans la gestion des deniers public, je tiens à préciser que je ne protègerai personne. Je dis bien personne!." Cette déclaration, lors du discours du 3 avril 2012, aura, certainement, été celle qui a eu le plus grand retentissement. Elle avait vite été reprise par les médias, et tournait en boucle dans les radios et télés. Six années plus tard, la montagne semble avoir accouché d'une souris. De nombreux rapports ont épinglé des membres de son camp. Certains d'entre eux ont été promus, d'autres maintenus à leur poste. En revanche, les dossiers concernant des opposants arrivent rapidement sur la table du procureur.

Éducation, santé, emploi
En mars 2012, à son accession au pouvoir, le chef de l'État avait trouvé une crise scolaire aigüe sur sa table. Et durant son discours à la nation, il s'était dit "préoccupé par la grave perturbation de l'année scolaire et universitaire". "Pour sa part, le Gouvernement est disposé à entamer la concertation sur chaque plateforme revendicative", avait-il indiqué. Mais, six ans après, le système éducatif est encore en proie à une crise extrême. Pis, de 2012 à 2018, la qualité de l'enseignement et les taux de réussite aux examens demeurent encore faibles. Et le lancement du programme "zéro abris provisoire" il y a quelques jours, renseigne à suffisance sur le niveau du déficit en infrastructures scolaires.

"Il y a urgence aussi à agir en matière de santé publique. Notre plateau médical reste encore limité, les effectifs réduits et l'accès au service de santé hors de portée de la majorité des patients", avait indiqué le chef de l'État en 2012. En 2016, l'accès à des services de santé de qualité, ne semble pas encore être une réalité pour les populations. Le lancement de la Couverture maladie universelle (CMU) est, bien entendu, une bonne chose pour les citoyens. Mais, ses effets pervers font tituber les hôpitaux et son impact reste encore timide. Et les grèves des médecins ne facilitent pas un accès convenable des populations aux soins.

Prix des denrées et Casamance
Quant à l'emploi des jeunes, le chef de l'État avait signalé qu'il "y a urgence à agir contre le chômage". Aujourd'hui, au second trimestre de 2017, le taux de chômage des personnes âgées de 15 ans ou plus, culmine, selon l'Ansd, à 12,5%. L'État a développé de nombreux programmes tels que les Domaines agricoles communautaires et récemment la Délégation pour l'entreprenariat rapide, etc., avec des ressources financières conséquentes. Mais, le chômage affiche encore de l'embonpoint.

Pour la prise en charge de la demande sociale, le chef de l'État avait promis une réduction des prix des denrées de première nécessité ; notamment le riz, le sucre et l'huile. Sur ce point, son gouvernement a tenu promesse, puisque les coûts de ces denrées n'auront que très rarement pris l'ascenseur ces dernières années. Itou pour la paix en Casamance. Longue accalmie dans le Sud, perturbée récemment par le massacre de Boffa, montre la détermination du chef de l'État à installer la Casamance dans une paix durable.

Mandat et administration
"Comme vous le savez, j'ai décidé de ramener à 5 ans le mandat de 7 ans pour lequel je suis élu sous l'empire de l'actuelle constitution. Je tiens, également, à ce que les dispositions constitutionnelles limitant l'élection du président de la République à un mandat de cinq ans, renouvelable une seule fois, soient verrouillées sans possibilité de modification", avait-il promis. Cette promesse n'a pas été tenue. La faute au conseil constitutionnel ?

Le président de la République avait aussi promis aux populations, de faire en sorte que l'Administration crée "un environnement plus convivial, fait de respect, de courtoisie et de transparence pour délivrer un service de qualité au bénéfice des usagers". "Il ne saurait y avoir de place pour l'arrogance, l'autoritarisme, le règlement de comptes ou la sollicitation de privilèges et avantages indus", promettait Macky Sall. Depuis 2012, quels sont les actes posés par le régime pour atténuer la souffrance physique ou financière des Sénégalais qui se rendent dans les structures publiques?

Seneweb

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